Lundi 20 Mai 2013

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Atelier du programme samedi 23 octobre 2010 : «comment permettre l’implication populaire, condition de la révolution citoyenne»

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revolution-delacroixDans le cadre de l'élaboration du programme partagé du Front de Gauche, nous avons le plaisir de t'inviter à un atelier sur le thème «comment permettre l'implication populaire, condition de la révolution citoyenne».

Cet atelier se tiendra samedi 23 octobre, de 14h15 à 17h, à l'Assemblée Nationale, 126 rue de l'Université Paris 7e (métro Assemblée Nationale).

A partir d'une introduction de François Delapierre, responsable du programme pour le Parti de Gauche, plusieurs intervenants ont accepté d'animer notre discussion :

- Daniel Gaxie, professeur de Sciences Politiques, auteur d'ouvrages de référence sur la sociologie du vote (notamment « Le cens caché » qui analyse l'exclusion des classes populaires du vote)
- Gérard Mauger, sociologue, directeur de recherche au CNRS, revue Savoir/Agir, travaille notamment sur la jeunesse populaire
- Bernard Pudal, professeur de Sciences Politiques, assure un cours sur les rapports des classes populaires à la politique, spécialiste du PCF (auteur de « Un monde défait »)
- Raquel Garrido, secrétaire national du PG à l'international, reviendra sur les expériences latino-américaines réussies d'implication populaire.

En raison du règlement de l'Assemblée, il faut s'inscrire nominativement au préalable. Tu peux le faire par courriel auprès de Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. .

Pour lancer le débat...

L'abstention a battu un nouveau record lors des dernières élections régionales : 53,6% au premier tour et 48,9% au second. Ce chiffre est considérable. Mais il minore l'ampleur de la non participation aux élections, puisqu'on estime généralement à 10% le nombre d'électeurs potentiels qui ne sont pas inscrits sur les listes et disparaissent de ce fait du total des abstentionnistes.

Cette moyenne statistique masque surtout de profondes différences selon les classes sociales. D'après les sondages réalisés à la sortie des urnes, l'abstention atteindrait des niveaux bien supérieurs chez les ouvriers (69%) et les employés (64%) qui forment la majorité de la population active.

Ce niveau élevé et croissant de l'abstention ainsi que cette hyper-abstention des classes populaires sont des faits connus et reconnus. Pourtant, passés les commentaires navrés qui sont de circonstance à ce sujet dans les soirées électorales, on ne constate aucune remise en cause du système politique qui en est si profondément affecté. Pourquoi ?

Beaucoup de dirigeants considèrent en fait que l'abstention est le signe d'une « démocratie apaisée » où les citoyens globalement satisfaits de leur sort et d'accord sur l'essentiel peuvent se consacrer à leurs affaires privées. Devedjian, Chirac ou Guigou l'ont dit publiquement et sans détours. Plus fondamentalement encore, même lorsqu'elle conduit à déplorer l'abstention populaire, l'idéologie dominante de notre époque en voit la racine dans le peuple lui-même et non dans le système politique. Car l'image du peuple qui prédomine dans le monde politique et médiatique est celui d'un être politiquement immature. Les bien-pensants expliquent que, tel un enfant, le peuple est foncièrement enclin à des attitudes autoritaires et anti-démocratiques. Ce serait donc l'honneur des élites de faire vivre l'idéal démocratique dont elles seraient elles profondément pénétrées. Ainsi la domination d'un petit nombre est légitimée, l'oligarchie vantée au nom de la démocratie !

Ce mépris du peuple populaire ne tient aucun compte de sa contribution effective à la lente démocratisation de nos institutions, y compris au plan de la démocratie politique. Le suffrage universel ou encore le secret du scrutin ont été des conquêtes du mouvement ouvrier et des républicains arrachés aux partis de droite qui après avoir défendu le suffrage censitaire s'inquiétaient de la « promiscuité malsaine » de l'isoloir et estimaient que les enveloppes garantissant le secret du vote n'étaient pas adaptées aux gros doigts des ouvriers et paysans. Il pousse aussi à occulter chaque manifestation de civisme des classes populaires. Par exemple lorsque la participation électorale des ouvriers et employés a dépassé celle des cadres lors du référendum de 2005, les commentateurs n'ont pas loué leur excellence civique mais largement dénoncé comme Serge July « un désastre général et une épidémie de populisme qui emportent tout sur leur passage ».

Pour notre part, nous ne pouvons nous contenter de déplorer le phénomène de l'abstention populaire. Pour la révolution citoyenne que nous appelons de nos vœux, l'implication des classes populaires dans la vie politique et sociale du pays est en effet une nécessité absolue. C'est ainsi que raisonnait autrefois la gauche et c'était la raison d'être des partis qui la constituent que d'encourager cette implication, par l'appel au peuple (dénoncé de nos jours comme populiste), l'éducation populaire, par leur capacité à défendre les intérêts du plus grand nombre. C'est encore aujourd'hui la clé du succès des révolutions conduites en Amérique Latine, chacune différente mais toutes fondées sur un niveau exceptionnellement élevé d'implication populaire.

Pour y parvenir, les dirigeants de la nouvelle gauche latino-américaine ont procédé à une complète refondation des institutions politiques de leur pays, notamment en convoquant des Assemblées Constituantes dès leur arrivée au pouvoir. En France aussi, au sein d'un changement plus général des rapports sociaux (touchant notamment au système des partis politiques, aux droits des travailleurs, au pouvoir de la loi face aux intérêts privés), il faudra des mesures institutionnelles pour favoriser l'implication populaire.

Cet atelier qui s'inscrit dans l'élaboration de notre programme partagé, aura donc un double objectif. D'abord analyser les modes de participation à la politique des classes populaires. Leur retrait est-il réel ? Est-il aussi général et systématique que le décrit le discours dominant ? Quelle est la responsabilité des phénomènes de non-inscription ou de mal-inscription (inscription dans un autre bureau de vote que celui de sa résidence effective au moment du vote) que décrivent des enquêtes inédites récentes ? Ensuite réfléchir aux réponses pratiques que nous pourrions apporter dans le cadre de la Sixième République que nous proposons au pays : inscription automatique sur les listes électorales, vote obligatoire, élargissement du recours à des procédures de démocratie directe (référendums révocatoires, domaine de souveraineté directe partagée régissant notamment la liste des services publics détenus par la collectivité...).

Premières contributions du PG

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