Lundi 20 Mai 2013

Dernière mise à jour:04:10:37 AM GMT

192. Abolir la prostitution pour garantir la dignité de la personne humaine et en finir avec la marchandisation des corps des femmes et des hommes

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Principe

Le Parti de Gauche milite afin qu’advienne une société où chacun puisse vivre librement dans des conditions permettant son émancipation. La prostitution est incompatible avec un tel objectif. Le Parti de Gauche milite donc activement pour son abolition.

Constat / Diagnostic de la situation:

S’il existe à la marge une prostitution choisie, elle ne peut occulter la réalité actuelle de la prostitution qui concernerait de 18 000 à 20 000 personnes en France. En effet, d’après l’Office central de la répression de la traite des êtres humains, 85 à 90% des femmes prostituées sont sous le joug du proxénétisme. Ces prostituées connaissent des conditions très dures : contraintes physiques et psychologiques, violences et viols, ruptures familiales, précarité, isolement, stigmatisation et exclusion sociale, non accès aux droits les plus élémentaires, criminalisation de leur activité. Plus de 80% des personnes prostituées ont subi des violences ou des abus sexuels dans leur enfance et près de la moitié sont entrées dans la prostitution mineures. Depuis les années 90, la majorité des prostituées en France sont étrangères (80 %), parfois sans papiers : elles constituent une population d’autant plus fragile et parfois soumise au fléau de la traite. D’autres catégories vulnérables sont touchées, comme les personnes âgé-e-s, les étudiant-e-s…

Trop souvent négligées dans le débat, les conséquences physiques et psychiques de la pratique de la prostitution sont importantes : risques de contamination par les infections sexuellement transmissibles, en particulier le VIH, accrus par la précarité des personnes prostituées et l’impunité des clients prostitueurs, problèmes gynécologiques, troubles somatiques, souffrance psychique, symptômes de stress post-traumatique… La pratique de la prostitution, fortement stigmatisée, entraîne ou renforce par ailleurs une dégradation de l’image de soi. Dans les conditions psychologiques et matérielles qui sont les leurs les personnes prostituées n’arrivent plus à se projeter dans l’avenir et sont prisonniers/ères de leur condition alors que les politiques publiques préfèrent la répression à la prévention et à la réinsertion.

Aussi, le Parti de Gauche affirme que reconnaître et réglementer la prostitution en mettant en avant la faible minorité des personnes prostituées qui le font par choix, serait un déni d’une réalité où elles sont en très grande majorité soumises à des violences cumulées : économiques, sociales, sexistes et racistes, ….

Le Parti de Gauche se prononce en conséquence pour l’abolition de la prostitution. Les expériences internationales montrent que le règlementarisme ne fait ni baisser le proxénétisme ni le stigmate social qui la marque. De plus, dans une société brisant les mécanismes de solidarité et promouvant le tout marchand, accepter la marchandisation du corps, et principalement de celui des femmes (98% des personnes prostituées sont des femmes), revient à sacrifier la protection des plus fragiles sous prétexte de défense des libertés individuelles.

L’abolition de la prostitution implique de s’attaquer radicalement au proxénétisme tout en garantissant aux personnes prostitué-e-s des droits complets en matière de santé, de logement, d’éducation, d’accès au droit. Si nous pensons que la pénalisation du client est un outil possible, elle ne peut être suffisante. La lutte contre la précarisation des femmes sur le marché du travail (80% des travailleurs pauvres sont des femmes), la revalorisation des métiers féminisés, enfin une véritable éducation populaire afin de mettre fin au sexisme sont des moyens plus efficients sur le long terme pour mettre fin au système prostitutionnel.

Propositions de mesures du Parti de Gauche:

  • Supprimer toute forme de répression à l'encontre des personnes prostituées et notamment abroger le délit de racolage passif comme actif créé par la loi du 18 mars 2003 sur la sécurité intérieure.
  • Donner des moyens et des orientations claires aux forces de police et aux magistrats pour réprimer le proxénétisme.
  • Mettre en œuvre de façon systématique les dispositions de l'article 225-24 du code pénal permettant la confiscation des biens mobiliers et immobiliers du proxénète. Permettre explicitement l'indemnisation intégrale des victimes du proxénétisme (amendement de l'article 706-3 du code pénal).
  • Revoir les modes d’imposition de la prostitution car ils reconnaissent à l’heure actuelle de fait le proxénétisme et entravent la sortie de la prostitution.
  • Améliorer les conditions de vie des personnes prostitu-é-e-s en favorisant leur accès au logement, aux services publics de justice, de santé et à l’offre de soin psychologiques.
  • Mettre en place une véritable politique d'alternative à la prostitution afin d’ouvrir à chacun et chacune le droit à ne pas être prostitué-e, notamment par l’instauration de programmes de formation professionnelle et de dispositif d’aides à la sortie de la prostitution. Créer un fonds spécifique de soutien alimenté par les confiscations des biens des proxénètes et des trafiquants d’êtres humains et les impositions perçues sur les personnes prostitu-é-s
  • Prévenir l’entrée dans la prostitution par la création d’une allocation d’autonomie pour les jeunes de moins de 25 ans
  • Protéger les personnes étrangères victimes de la traite ou contraintes à la prostitution (régularisation, droit d’asile)
  • Interdire l'achat de tout acte sexuel, en pénalisant les clients prostituteurs, après une campagne nationale d’information d’au moins un an sur le système prostitutionnel.
  • Développer une politique de prévention fondée sur l’intégration dans les programmes scolaires d’une véritable éducation à la sexualité, à l’égalité entre filles et garçons et d’une sensibilisation aux questions sur le genre. Dédier des enseignements spécifiques à ces questions.
  • Promouvoir dans les instances internationales l’abolitionnisme et la lutte contre le blanchiment de l’argent de la prostitution et de la traite.

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